Tout savoir sur la période du « non » chez l’enfant 05/11/2020 La période du « non », aussi appelée phase d’opposition, est une étape normale du développement de l’enfant. Elle apparaît généralement autour de 18 mois, atteint souvent son pic vers 2 ans, puis s’atténue progressivement autour de 3 ans, avec le développement du langage, de l’autonomie et l’entrée à l’école maternelle.Même si cette phase peut être éprouvante pour les parents, elle n’est pas un caprice ni une provocation. Dire « non » permet à l’enfant d’affirmer son identité, de tester son pouvoir d’agir et de comprendre peu à peu les règles qui structurent son quotidien.Les 3 réflexes à connaître pour désamorcer la crise du nonProposer un choix limité : « Tu préfères le pull bleu ou le pull rouge ? » plutôt que « Tu veux t’habiller ? »Formuler positivement : « On marche doucement » plutôt que « Ne cours pas ».Ritualiser les transitions : prévenir avant le bain, le repas ou le coucher pour éviter l’effet de surprise.À quel âge commence la période du non ?La période du non commence généralement entre 18 mois et 2 ans. C’est le moment où l’enfant gagne en autonomie : il marche mieux, comprend davantage de mots, commence à parler, explore son environnement et veut faire certaines choses par lui-même.Cette phase atteint souvent son pic autour de 2 ans, une période parfois appelée le Terrible Two. L’enfant découvre qu’il peut avoir une volonté différente de celle de ses parents. Il teste alors le refus, l’opposition et la négociation.Cette étape s’atténue souvent autour de 3 ans, lorsque l’enfant maîtrise mieux le langage, comprend mieux les règles et parvient progressivement à exprimer ses besoins autrement que par le refus ou la colère.Pourquoi l’enfant dit-il « non » ?Quand un enfant dit « non », il ne cherche pas forcément à provoquer. Il apprend surtout à exister comme une personne à part entière.Le « non » lui permet de :affirmer ses préférences ;tester son autonomie ;exprimer une émotion ou une frustration ;comprendre les limites posées par les adultes ;expérimenter son pouvoir d’action sur le monde.À cet âge, l’enfant veut souvent faire seul, décider seul, choisir seul. Mais il n’a pas encore la maturité émotionnelle pour gérer la frustration lorsque ses envies ne sont pas possibles. C’est pour cela que le « non » peut parfois s’accompagner de pleurs, de cris ou de grosses colères.Quels sont les signes de la phase d’opposition ?La phase d’opposition peut se manifester de plusieurs façons selon les enfants. Certains disent « non » de manière très fréquente, d’autres s’opposent surtout dans certains moments de la journée.Les situations les plus concernées sont souvent :l’habillage ;le bain ;les repas ;le coucher ;le départ de la maison ;le rangement ;les transitions entre deux activités.L’enfant peut aussi dire « non » sans vraiment le penser. Parfois, il refuse d’abord, puis accepte quelques minutes plus tard. Ce comportement montre surtout qu’il expérimente son pouvoir de décision.Pourquoi l’enfant dit-il surtout non à ses parents ?Beaucoup de parents remarquent que leur enfant est plus opposant à la maison qu’à la crèche, chez les grands-parents ou avec d’autres adultes.C’est fréquent. L’enfant ose davantage s’opposer avec les adultes auprès desquels il se sent en sécurité. Il sait que le lien avec ses parents reste solide, même lorsqu’il exprime son désaccord.Cela ne veut pas dire qu’il fait exprès d’être difficile avec vous. Il exprime surtout ses émotions là où il se sent suffisamment en confiance pour le faire.Comment réagir face à la phase du non ?L’objectif n’est pas d’empêcher l’enfant de dire non, mais de l’aider à traverser cette étape sans que chaque situation devienne un conflit.Proposer des choix limitésUn enfant de 2 ans a besoin de sentir qu’il peut décider, mais trop de choix peut le déstabiliser. Proposez-lui deux options simples :« Tu préfères mettre tes chaussures ou ton manteau en premier ? »« Tu veux le verre bleu ou le verre rouge ? »« Tu veux monter seul dans la poussette ou je t’aide ? »Cela lui permet d’exercer son autonomie tout en respectant le cadre posé par l’adulte.Utiliser des formulations positivesLe cerveau du jeune enfant comprend mieux les consignes simples et affirmatives. Au lieu de dire « Ne cours pas », privilégiez «On marche doucement ». Au lieu de « Ne crie pas », dites « Parle doucement ».Ces formulations l’aident à comprendre ce qui est attendu de lui, plutôt que de se concentrer uniquement sur l’interdit.Prévenir avant les transitionsLes changements d’activité sont souvent difficiles à cet âge. Quitter le jeu pour aller au bain, sortir du parc ou aller se coucher peut provoquer une forte opposition.Pour l’aider, annoncez les transitions à l’avance :« Encore deux tours de toboggan, puis on rentre. »« Après cette histoire, ce sera l’heure de dormir. »« Dans cinq minutes, on va mettre les chaussures. »Les rituels donnent des repères et rendent les changements plus prévisibles.Rester ferme sur les règles importantesAccueillir l’émotion de l’enfant ne signifie pas tout autoriser. Certaines règles restent non négociables, notamment lorsqu’elles concernent la sécurité, la santé ou le respect des autres.Vous pouvez reconnaître son émotion tout en maintenant la limite : « Je vois que tu es en colère parce que tu voulais traverser la rue seul. Comme tu es encore petit, c’est trop dangereux. Je te donne la main. »L’enfant a besoin de sentir que l’adulte comprend ce qu’il vit, mais aussi que le cadre reste stable.Comment réagir sans renforcer les comportements d’opposition ?Face aux refus répétés, il peut être tentant d’entrer dans un bras de fer. Pourtant, plus l’adulte insiste, plus l’enfant peut s’accrocher à son « non ».Pour éviter d’alimenter l’opposition :évitez les longues négociations ;gardez des phrases courtes ;proposez une alternative concrète ;valorisez les moments de coopération ;gardez les règles importantes constantes.Par exemple, plutôt que de répéter « Mets ton manteau » dix fois, vous pouvez dire : « Tu choisis : tu mets ton manteau seul ou je t’aide. » L’enfant garde une marge de décision, mais le cadre reste clair.Que faire en cas de grosse colère ?Pendant la phase d’opposition, les colères sont fréquentes. Elles surviennent lorsque l’enfant est submergé par une frustration qu’il ne sait pas encore gérer.Sur le moment, le plus important est de rester calme et de sécuriser l’environnement. Il n’est pas toujours utile d’expliquer longuement pendant la crise : l’enfant n’est pas encore disponible pour raisonner.Vous pouvez :vous mettre à sa hauteur ;parler doucement ;nommer son émotion ;rester présent sans céder sur la règle ;attendre que la crise redescende avant d’expliquer.Il est préférable d’éviter les rapports de force. Plus un adulte cherche à gagner le duel, plus le jeune enfant peut s'enfermer dans son opposition. L'objectif n'est pas d'avoir le dernier mot, mais d'aider l'enfant à retrouver son calme tout en maintenant la règle.Le cerveau émotionnel prend temporairement le dessus. Avant que l'enfant retrouve son calme, il lui est difficile de raisonner ou d'écouter une longue explication. Une fois l’enfant apaisé, vous pouvez revenir sur ce qui s’est passé : « Tu étais très en colère parce qu’on devait partir. C’est difficile d’arrêter de jouer. Mais lorsque tu me tapes, ça me fait mal. »Comment accompagner son autonomie sans conflit ?La phase du non est aussi une période très riche. L’enfant veut participer, imiter, faire comme les grands. Vous pouvez soutenir cette autonomie en lui donnant de petites responsabilités adaptées à son âge.Par exemple :l’aider à mettre la table ;choisir entre deux vêtements ;ranger quelques jouets ;déposer son doudou dans son lit ;participer à un petit rituel du quotidien.Les jeux d’imitation, comme la dînette, les poupées, les déguisements ou les jeux de marchande, sont aussi très utiles. Ils permettent à l’enfant de rejouer les scènes du quotidien, de comprendre les règles et d’exercer son pouvoir d’agir dans un cadre imaginaire.Tous les enfants vivent-ils la phase du non de la même façon ?Non. La phase d’opposition varie selon l’âge, le tempérament, le langage, la fatigue, le contexte familial et les changements vécus par l’enfant.Certains enfants disent non très souvent, d’autres manifestent surtout leur opposition par des pleurs, de l’agitation ou des colères.Un enfant plus verbal pourra parfois exprimer son désaccord avec des mots, tandis qu’un enfant qui parle peu utilisera davantage son corps ou ses émotions.La fatigue, la faim, les changements de rythme, l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur, un déménagement ou l’entrée en crèche peuvent aussi accentuer temporairement les oppositions.Comment distinguer une phase normale d’opposition d’un trouble du comportement ?Dans la plupart des cas, la période du non est normale et transitoire. Elle fait partie du développement de l’enfant.Il peut toutefois être utile d’en parler à un professionnel si les comportements deviennent très fréquents, très intenses, durent longtemps ou perturbent fortement la vie quotidienne. Par exemple, si les colères sont impossibles à apaiser, si l’enfant se met régulièrement en danger, s’il se montre très agressif envers lui-même ou les autres, ou si vous vous sentez dépassé au quotidien.Votre pédiatre, votre médecin, les professionnels de la crèche ou un psychologue peuvent vous aider à faire la part des choses et à trouver des solutions adaptées.Les parents aussi peuvent être à bout Il est normal que la période du non soit éprouvante pour les parents. Répéter les mêmes consignes, gérer des refus quotidiens ou faire face à des colères peut provoquer de la fatigue, de l'agacement, voire de la colère. Ces émotions ne font pas de vous un mauvais parent : elles montrent simplement que la situation est difficile. Lorsque vous sentez que la tension monte, l'essentiel est de ne pas réagir sous le coup de la colère. Si votre enfant est en sécurité, vous pouvez vous accorder quelques instants pour souffler :quitter la pièce quelques minutes, respirer profondément ou boire un verre d'eau peut suffire à retrouver votre calme. Il est préférable de s'éloigner brièvement plutôt que de risquer de crier ou d'avoir un geste que vous pourriez regretter. N'hésitez pas non plus à demander du relais lorsque cela est possible. Votre partenaire, un proche ou un membre de votre famille peut prendre le relais quelques minutes ou quelques heures afin que vous puissiez récupérer. Si vous vous sentez dépassé de manière durable, parlez-en à votre médecin, au pédiatre de votre enfant ou aux professionnels de la petite enfance qui l'accompagnent. Demander de l'aide est une démarche normale et peut permettre de retrouver un quotidien plus serein. La phase d’opposition : ce qu’il faut retenirLa période du non est une étape normale du développement de l’enfant. Elle apparaît souvent autour de 18 mois, atteint son pic vers 2 ans et s’atténue progressivement autour de 3 ans.Même si elle peut être difficile à vivre pour les parents, elle montre que l’enfant gagne en autonomie et construit son identité. Le rôle de l’adulte est de l’accompagner avec un cadre clair, des choix adaptés, des formulations positives et des rituels rassurants.Si cette étape vous épuise, n’hésitez pas à demander du relais. Les professionnels de la petite enfance peuvent vous aider à comprendre les réactions de votre enfant et à ajuster vos réponses au quotidien.Pour aller plus loin, vous pouvez aussi découvrir nos conseils sur la période des 4 ans, une autre étape importante dans le développement de l’autonomie. Ressources : https://www.santepubliquefrance.fr/docs/article/accompagner-le-developpement-du-jeune-enfant-introduction-au-dossier https://www.mpedia.fr/art-affirmation-de-soi/ Partager Facebook share Twitter LinkedIn WhatsApp Education positive Visionnez toutes nos vidéos S'abonner à BABILOU Ces contenus peuvent vous intéresser Education positive À quel âge un bébé commence-t-il à parler ? Article « Papa », « maman », « encore »… Les premiers mots de votre bébé sont souvent attendus comme un petit événement dans la vie de famille. Pourtant, le langage ne commence pas avec la première parole Lire la suite Education positive Le tummy time : tout ce qu’il faut savoir Article Chez le pédiatre, à la maternité, dans les groupes de parents, à la crèche… le terme "tummy time" revient sans cesse. Derrière cet anglicisme se cache une pratique simple et fondamentale pour le Lire la suite Education positive Ramper, glisser, quatre pattes : à quel âge bébé commence-t-il à se déplacer ? 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