Vous êtes ici Accueil Actualités Comment accompagner l'enfant dans son développement moteur ? Comment accompagner l'enfant dans son développement moteur ? Education positive 16/03/2018 Partager Facebook share Twitter LinkedIn WhatsApp De sa naissance jusqu’à ses 3 ans, l’enfant va acquérir à son rythme et à sa façon toutes les étapes de son développement psychomoteur : se retourner, ramper, s’asseoir, se déplacer, marcher, grimper, courir... Des moments fondamentaux qui l’aident progressivement à découvrir son corps, son environnement et à développer sa confiance en ses capacités.Chaque enfant suit cependant son propre rythme. Les âges auxquels apparaissent les différentes acquisitions sont avant tout des repères et ne doivent pas devenir des objectifs à atteindre. Le développement psychomoteur fait d’ailleurs partie des éléments régulièrement observés lors du suivi médical de l’enfant. Motricité globale, motricité fine : de quoi parle-t-on ?Le développement moteur regroupe différentes compétences qui évoluent ensemble au fil des expériences de l’enfant.La motricité globale concerne les mouvements qui mobilisent l’ensemble du corps : tenir sa tête, se retourner, ramper, s’asseoir, se mettre debout, marcher, courir ou encore grimper.La motricité fine correspond davantage aux gestes précis des mains et des doigts : saisir un jouet, le passer d’une main à l’autre, empiler, encastrer, manipuler de petits objets adaptés à son âge ou, plus tard, dessiner.Toutes ces acquisitions participent plus largement au développement psychomoteur de l’enfant, qui associe notamment mouvement, perception, relation avec l’environnement et apprentissages. Qu’est-ce que la motricité libre ?La motricité libre consiste à laisser l’enfant libre de ses mouvements afin qu’il puisse découvrir les capacités de son corps et acquérir progressivement de nouvelles postures par lui-même.Agir librement lui permet de construire son propre chemin d’apprentissage et de développer progressivement son autonomie et sa confiance en lui.Cela ne signifie pas laisser l’enfant sans surveillance. Le rôle de l’adulte consiste à créer un environnement sécurisé, observer, accompagner et encourager, sans chercher systématiquement à placer l’enfant dans une posture qu’il ne maîtrise pas encore. Les recommandations de l’Assurance Maladie encouragent également à installer le bébé éveillé sur un plan ferme et protégé afin de lui permettre de bouger librement. Découvrez notre article “Motricité libre : top 10 des idées reçues !” Quelques repères sur le développement moteur d’un bébéSans établir de calendrier strict, quelques grandes périodes permettent de comprendre comment les possibilités de mouvement évoluent.Durant les premiers mois, bébé commence progressivement à mieux contrôler sa tête, à observer ses mains et à développer ses premiers appuis.Au cours de la première année, il expérimente différentes façons de se retourner et de se déplacer au sol. La position assise, la station debout puis les premiers pas apparaissent progressivement, mais pas nécessairement au même âge ni dans le même ordre chez tous les enfants. L’Assurance Maladie rappelle que le port de tête, la position assise, la station debout, la marche et la manipulation des objets sont suivis au cours des examens réguliers du nourrisson.Après l’acquisition de la marche, les possibilités s’élargissent rapidement : pousser, tirer, monter, descendre, courir, lancer, transporter ou grimper deviennent autant de nouvelles expériences.Pour des repères plus détaillés, retrouvez notre article consacré aux grandes étapes du développement psychomoteur d’un bébé. Découvrir le monde couché sur le dos... et sur le ventreEn tant que parents, il est parfois difficile de mettre en pratique les principes de la motricité libre avec son enfant. Des réflexes de peur qu’il chute peuvent ressurgir et on a parfois envie de faire pour lui, à sa place.Pourtant, l’enfant a besoin d’expérimenter les mouvements et les appuis pour découvrir progressivement comment son corps fonctionne et comment il peut agir sur son environnement.Dès le plus jeune âge, la motricité libre suppose donc de créer un cadre sécurisant, adapté aux capacités de l’enfant et lui offrant suffisamment d’espace pour explorer. Comment favoriser la motricité libre ?Installer l’enfant éveillé sur le dos, sur un tapis ferme et confortable. Il peut ainsi bouger librement ses pieds, ses jambes, ses mains et ses bras. L’enfant a besoin d’acquérir progressivement par lui-même chaque nouvelle posture.Proposer régulièrement des moments sur le ventre lorsqu’il est éveillé et sous surveillance. Cette position lui permet notamment d’expérimenter d’autres appuis et de relever progressivement la tête.Attention : le temps passé sur le ventre concerne uniquement les périodes d’éveil. Pour dormir, un bébé doit être couché sur le dos.Disposer quelques jouets adaptés à son âge autour de lui, légèrement à distance. Le regard vers un jouet puis l’envie de l’attraper peuvent susciter spontanément des mouvements. Inutile de multiplier les sollicitations : quelques objets suffisent.Laisser ses pieds libres lorsque les conditions le permettent. Sur un sol propre, chaud et sécurisé, être pieds nus peut permettre à l’enfant de mieux ressentir ses appuis.Choisir des vêtements souples et confortables, qui permettent de plier les jambes, rouler ou ramper sans être gêné.Limiter le temps passé dans les équipements qui immobilisent le bébé, comme le transat, le cosy ou la poussette lorsqu’ils ne sont pas nécessaires. L’Assurance Maladie recommande de ne pas immobiliser un nourrisson pendant de longues périodes et de favoriser les jeux interactifs au sol.Éviter le trotteur ou Youpala. Son utilisation est déconseillée, notamment en raison du risque d’accident et parce qu’il n’est pas nécessaire à l’apprentissage de la marche. Oser la position verticale !Votre bébé se soulève et commence progressivement à se mettre debout avec un appui. C'est une étape importante vers de nouvelles possibilités de déplacement.L’objectif de la motricité libre n’est pas de le mettre debout avant qu’il ne soit prêt, mais de lui offrir un espace où il peut essayer de se redresser lorsqu’il en prend lui-même l’initiative. Comment favoriser la motricité libre ?Libérer des espaces de circulation.Sécuriser l’environnement de l’enfant pour l’accompagner dans ses prises d’initiatives : prises électriques sécurisées, escaliers inaccessibles sans adulte, meubles dangereux hors de portée, objets instables retirés…Prévoir des appuis stables. Lorsque l’enfant commence à se relever, un canapé ou un meuble bas et solidement fixé peut lui permettre d’expérimenter le passage vers la position debout.Accompagner l’enfant par une présence sécurisante et un regard bienveillant, sans pour autant faire à sa place.Faire confiance à ses capacités tout en restant vigilant. Un tout-petit n’a pas encore conscience de tous les dangers de son environnement : l’exploration doit donc toujours se faire sous la surveillance d’un adulte.Proposer des objets à pousser adaptés à son âge, suffisamment stables, lorsque l’enfant maîtrise déjà la station debout et manifeste l’envie de se déplacer. Il n’est pas nécessaire de le faire marcher en lui tenant les mains s’il ne cherche pas encore lui-même à avancer. Pousser, courir, grimper : l'enfant découvre en bougeant !Lorsque la marche est acquise, l’enfant multiplie les expériences : il marche, accélère, transporte des objets, commence à courir, grimpe et tente de franchir de petits obstacles.Combinée à une éducation positive, la motricité libre contribue à lui donner confiance dans ses possibilités. Cette autonomie grandissante s’inscrit dans un développement beaucoup plus large, qui concerne également le langage, les relations avec les autres ou encore, plus tard, l’acquisition de la propreté.À cet âge, le mouvement quotidien est particulièrement important. Pour les enfants de 1 à 2 ans, puis de 3 à 4 ans, les recommandations encouragent plusieurs heures d’activités variées réparties au cours de la journée : marche, course, jeux actifs, sauts, lancers ou activités d’équilibre selon l’âge et les possibilités de l’enfant. Quels jeux et activités favorisent la motricité ?Pas besoin de matériel sophistiqué pour accompagner le développement moteur. Les propositions les plus simples sont souvent suffisantes lorsqu’elles correspondent aux capacités de l’enfant. Pour les plus petitsUn espace au sol sécurisé, quelques objets faciles à saisir, une petite balle ou des jouets disposés à proximité permettent déjà de nombreuses expérimentations.Votre bébé pourra alors observer, tendre le bras, attraper, tourner la tête, essayer de se retourner ou se déplacer vers un objet. Lorsqu’il commence à se déplacerVous pouvez créer de petites invitations à explorer : passer autour d’un coussin, aller chercher une balle quelques mètres plus loin, ramper dans un tunnel adapté aux jeunes enfants ou franchir un petit module en mousse.Après l’acquisition de la marcheLes possibilités deviennent nombreuses :faire rouler puis lancer une balle ;pousser ou tirer un jouet adapté ;marcher sur une ligne tracée au sol ;danser ;monter et descendre de petits modules ;créer un parcours avec des coussins ou des éléments de motricité adaptés ;transporter des objets d’un panier à un autre ;jouer dehors, courir et explorer différents terrains.L’objectif n’est pas de faire réussir un parcours précis, mais de donner envie à l’enfant de tester différentes façons de bouger. Comment aménager la maison pour favoriser la motricité ?L’aménagement de l’espace joue un rôle important : il doit permettre à la fois la liberté de mouvement et la sécurité.Quelques principes simples peuvent aider :prévoir un espace au sol suffisamment dégagé ;proposer peu de jouets à la fois et les placer à portée de l’enfant ;fixer les meubles susceptibles de basculer ;sécuriser les prises, escaliers et zones dangereuses ;choisir du matériel adapté à l’âge et aux capacités de l’enfant ;privilégier des vêtements qui ne gênent pas les mouvements ;faire évoluer l’environnement au fur et à mesure de ses nouvelles acquisitions.La sécurité ne consiste donc pas à empêcher l’enfant de bouger, mais à anticiper les dangers qu’il n’est pas encore capable d’identifier lui-même. Quel est le rôle de l’adulte dans le développement moteur ?En tant qu’adulte, nous avons parfois tendance à vouloir devancer les étapes de développement psychomoteur des enfants alors qu’un tout-petit va, de lui-même, découvrir les différents mouvements qui le mèneront jusqu’à la marche.Le rôle du parent n’est pas de lui « apprendre » à se retourner, à s’asseoir ou à marcher le plus tôt possible.Il consiste plutôt à :lui proposer un environnement adapté ;observer ce qu’il sait déjà faire ;lui laisser le temps d’essayer ;l’encourager sans comparer ses progrès à ceux d’un autre enfant ;verbaliser ses expériences : « Tu as réussi à te retourner », « Tu cherches comment descendre » ;intervenir lorsqu’une situation présente un véritable danger.Instaurez une communication positive avec des mots simples qui accompagnent ses expériences sans exercer de pression. Comment la crèche accompagne-t-elle le développement moteur ?En crèche aussi, le développement moteur s’accompagne au quotidien, principalement par l’observation et l’aménagement de l’environnement.Les espaces évoluent en fonction des enfants accueillis : tapis et espaces au sol pour les plus jeunes, matériel à manipuler, modules moteurs, objets à pousser ou zones permettant aux enfants qui marchent de circuler librement.Les professionnels observent également les initiatives de chaque enfant afin de lui proposer des expériences adaptées sans comparer son développement à celui des autres.Les échanges avec les familles permettent enfin de partager les nouvelles acquisitions observées à la maison ou en crèche et d’assurer une continuité dans l’accompagnement. Quand demander conseil sur le développement moteur de son enfant ?Chaque enfant évolue à son rythme et les différences entre deux enfants du même âge peuvent être importantes.Les consultations régulières de suivi sont justement l’occasion pour le médecin d’observer les acquisitions psychomotrices : contrôle de la tête, position assise ou debout, marche, manipulation des objets, mais aussi langage et développement relationnel.Si vous remarquez une absence de progression, une asymétrie persistante dans les mouvements, une perte d’une capacité déjà acquise ou simplement quelque chose qui vous paraît inhabituel, parlez-en avec votre pédiatre, votre médecin ou un professionnel de la PMI. FAQ sur la motricité de votre bébé Faut-il mettre votre bébé assis pour qu’il apprenne à s’asseoir ?Il n’est pas nécessaire d’installer régulièrement un bébé dans une position assise qu’il ne maîtrise pas encore. Lui offrir suffisamment d’occasions de bouger librement au sol lui permet d’expérimenter progressivement les appuis et mouvements qui l’amèneront à changer de position. Le quatre pattes est-il obligatoire avant la marche ?Non. Tous les enfants ne se déplacent pas de la même manière avant de marcher. Certains rampent, roulent, se déplacent autrement ou passent très peu de temps à quatre pattes. L’important est d’observer l’évolution globale de l’enfant plutôt que de chercher à lui faire suivre une succession rigide d’étapes. Faut-il stimuler votre bébé pour qu’il marche plus vite ?Non. L’objectif n’est pas d’accélérer l’acquisition de la marche. Offrez-lui plutôt un environnement qui lui permet de bouger librement et de trouver des appuis adaptés lorsqu’il commence lui-même à se redresser. Le trotteur aide-t-il votre bébé à apprendre à marcher ?Non, le trotteur ou Youpala n’est pas nécessaire pour apprendre à marcher et son utilisation est déconseillée, notamment en raison du risque d’accident. Quel tapis choisir pour favoriser la motricité d’un bébé ?Privilégiez une surface au sol ferme, plane, suffisamment grande et facile à entretenir, installée dans un espace protégé. Votre bébé doit pouvoir prendre des appuis et bouger sans s’enfoncer dans une surface trop molle. Comment savoir si le développement moteur de mon enfant est normal ?Les acquisitions ne surviennent pas exactement au même âge pour tous les enfants. Elles sont suivies au cours des consultations médicales régulières. Si quelque chose vous inquiète dans les mouvements, les acquisitions ou le développement global de votre enfant, parlez-en avec le professionnel qui assure son suivi. 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