paroles de professionnels

La colère chez le jeune enfant

01/07/2016


Comme toute émotion, la colère est une réaction physique, incontrôlable, difficile à maîtriser…même à l’âge adulte ! Alors, qu’en est-il pour le très jeune enfant ?

 

Une tempête émotionnelle

 

A cause de l’immaturité de son cerveau, la colère agit souvent chez l’enfant comme un véritable tsunami. Elle provoque des réactions incontrôlées - et incontrôlables -  face auxquelles les adultes se trouvent souvent démunis. Il faut cependant avoir à l’esprit que l’enfant, non plus, ne comprend pas ce qui se passe en lui. A ce moment précis, il est dominé par des instincts très primitifs qu’il n’est en capacité de maîtriser.

 

Ce n’est qu’en grandissant, lorsque les connexions entre le cerveau archaïque (siège des besoins de base) et le cerveau limbique (ou cerveau émotionnel) seront arrivées à maturité (vers 4-5 ans) et que le langage lui permettra d’exprimer ses émotions par des mots, qu’il pourra comprendre et avoir une expression plus adaptée de ses émotions. A noter toutefois que le cortex cérébral qui permet de prendre du recul, d’analyser les situations, de raisonner, d’éprouver conscience de soi et empathie n’est mature qu’à 25-26 ans !

 

L’expression d’un besoin

 

La colère s’exprime le plus souvent quand un besoin de l’enfant n’est pas satisfait ou qu’il est envahi d’une frustration intense. Celle-ci peut avoir des causes multiples : dépendance de l’enfant pour la satisfaction de ses besoins, douleurs physiques, niveau sonore…

 

Des exigences non ajustées à l’âge de l’enfant et à sa capacité de compréhension ou des règles de la vie sociale non intégrées peuvent être sources de frustration. Le cerveau de l’enfant ne traite pas bien la négation. Dans la phrase « ne monte pas sur le canapé », il retiendra « monte » et « canapé » et ne comprendra donc pas la demande qui lui est faite !

 

La surprotection ou le rejet sont aussi des sources non négligeables d’anxiété chez les enfants et des déclencheurs potentiels d’attitudes agressives et de colère.

 

La colère de l’enfant permet de délimiter son territoire, de savoir ce qui est bon pour lui et ce qui ne l’est pas. Il affirme ainsi son individualité et son identité propre.

 

La bienveillance du parent, un outil pour faire grandir

 

Le parent qui porte attention à ce qu’il  se passe pour l’enfant, s’intéresse à ce qui a provoqué cette colère, l’aide à mettre des mots et l’apaise, permet petit à petit au cerveau de l’enfant de maturer. Il participe ainsi à la construction de connexions positives et plus efficaces entre le cerveau émotionnel et le cortex cérébral.

 

L’adulte doit être présent, attentif, parler à l’enfant calmement et attendre que l'enfant soit calmé pour faire appel à sa raison. S’il est possible de l’approcher, des gestes tendres et contenants pourront accélérer le retour au calme.

 

La colère étant une réaction du corps, il est nécessaire, pour évacuer la tension générée, de faire agir le corps : respirer profondément ou souffler sur des plumes, courir, bouger ses membres, crier,  dessiner, …

 

Une fois la colère apaisée, mettre des mots sur le ressenti de l’enfant, rappeler les interdits et lui proposer des pistes pour s’exprimer autrement, le guident vers des comportements plus adaptés. Le rassurer sur le fait qu’on lui fait confiance, qu’il va y arriver et que l’amour des parents est infaillible même lorsqu’il fait une colère lui permet de construire une sécurité intérieure.

 

Accueillir, apaiser ne veut pas dire céder ! On peut entendre le besoin ou l’envie de l’enfant sans pour autant y accéder : il est légitime qu’il n’ait pas envie de se coucher dans certaines circonstances, on peut lui dire qu’on le comprend tout en l’accompagnant vers son lit… Il se sentira écouté même si le résultat n’est pas celui qu’il attend.

 

Et par-dessous tout, ne pas oublier que le mode d’apprentissage essentiel du tout jeune enfant est l’imitation. Comment alors l’amener à avoir des comportements adaptés lorsqu’il exprime sa colère si son parent, lui-même, s’adresse à lui sans contrôler le ton de sa voix, ses mots et ses gestes ?

 

Partagez cet article

Partager sur Facebook Partager sur Viadeo Partager sur Twitter Partager sur Linkedin


Retrouvez toutes nos paroles de professionnels