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Comment accueillir les émotions de l'enfant ?

24/03/2016


La journée d’un enfant est jalonnée d’émotions : joie, peur, colère, … Quelle que soit l’émotion vécue par le tout-petit, il est important d’être à son écoute et de comprendre ce qu’il vit.

 

Qu’est qu’une émotion ?

 

Une émotion est une réaction du corps face à une stimulation, à une modification de l’environnement.

 

Petits et grands, nous éprouvons tous des émotions :  peur, colère, tristesse, joie…

 

Les émotions ont une fonction indispensable à notre relation au monde. Elles nous permettent de s’adapter aux situations : la peur nous met en situation de défense, la tristesse effectue un travail d’intégration et de réparation qui permet l’acceptation de la réalité, la joie est liée au plaisir de recevoir ou de donner, au sentiment de réalisation de soi.

 

Les émotions nous renseignent également sur ce que nous sommes, sur ce qui est bon pour nous et  nos besoins. L’émotion a donc un sens, une intention.

 

Pourquoi accueillir les émotions ?

 

Le parent à l’écoute des émotions aide son enfant à se sentir reconnu comme une personne et à se construire une identité propre. Accueillir l’émotion de l’enfant, c’est aussi lui permettre de s’exprimer, de se décharger pour revenir à un état d’apaisement. L’émotion crée une tension qui doit être libérée pour retrouver un équilibre émotionnel. La répression des émotions est nocive  : elle entraîne des comportements perturbés, des symptômes physiques, des dépendances, de l’agressivité… qui sont autant de moyens d’exprimer les émotions sans pour autant en permettre la décharge !

 

Accueillir, ce n’est pas céder. Le parent peut reconnaître l’envie de son enfant de manger un bonbon … sans pour autant lui en donner un. Si l’enfant se sent reconnu dans son envie, il supportera d’autant mieux la frustration de ne pas en avoir !

 

Comment accueillir les émotions ?

 

Lorsqu’un enfant éprouve une émotion, la question est : comment l’aider à avoir conscience de ce qu’il se passe en lui ?

Dans un premier temps, se mettre à hauteur de l’enfant pour qu’il se sente pris en compte, lui proposer des mots pour exprimer ce qu’il ressent : « tu sembles en colère », « peut-être es-tu triste ? ». Remplacer le « pourquoi ? » par « qu’est-ce qu'il se passe ? ». Il s’agit pour le parent de comprendre ce que l’enfant dit de son besoin et pour l’enfant de reconnaître ce besoin.

 

Permettre à l’émotion d’aller jusqu’au bout de sa résolution pour libérer toutes les tensions, c’est proposer à l’enfant des moyens d’exprimer ses émotions : crier quand il a peur, pleurer quand il est triste, taper sur un coussin quand il est en colère, écrire ou dessiner … L’émotion étant une réaction du corps, il faut agir sur le corps de l’enfant ou le faire agir sur son corps : respirer, courir,… et le prendre dans ses bras pour un retour au calme.

 

En tant que parent, retenez que l’enfant a besoin de se sentir en confiance pour exprimer ses émotions. Les pleurs et les cris qu’il manifeste le soir à votre arrivée à la crèche ou à la maison sont peut-être la décharge de la multitude de frustrations, d’émotions qu’il a vécues dans la journée.

Tous les gestes et paroles bienveillants accordés à son enfant provoquent la production d’ocytocine. Cette hormone procure un sentiment de bien-être, d’estime de soi, essentiel dans la relation aux autres, et favorise le développement de l’empathie.

 

C’est parce que vous aurez rempli le réservoir d’ocytocine de votre enfant qu’il supportera les inévitables frustrations qu’il vit à la crèche ou à l’école ! Cela lui permettra aussi de supporter que vous ne soyez pas toujours bienveillant car parfois vos émotions vous submergent aussi…


Quelques astuces permettent également de mieux se faire comprendre de son enfant et évitent quelquefois de créer des situations incompréhensibles pour lui :

  • Le cerveau ne traite pas bien la négation : lorsque vous dites à votre enfant « ne monte pas sur le canapé », il retient « monte » et « canapé » et n’entend pas l’interdit ! Préférez la formule « descends du canapé », certainement plus efficace !
  • N’envoyez qu’un seul message à la fois à votre enfant : cela offre une meilleure garantie de se faire entendre que lorsqu’on lui en adresse plusieurs simultanément.

Et n’oubliez pas de remplir le réservoir affectif de votre enfant par l’attention, les câlins, le corps à corps, la valorisation, le jeu partagé… toutes autres interactions positives qui lui permettent de construire de la sécurité affective.

Car l’amour n’est pas une récompense mais un carburant !

 

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