paroles de professionnels

Comment faire du repas un moment serein et convivial ?

24/06/2015


Le repas chez l’enfant répond à un besoin nutritionnel de l’organisme mais également à des besoins affectifs et relationnels. Quelques astuces pour faire de ce moment un temps serein, convivial et source de plaisir partagé !

 

Une relation individuelle et privilégiée

Le temps du repas représente un moment privilégié de communication entre l’enfant et l’adulte, parent ou professionnel, qui s’occupe de lui. Il est important d’organiser ce temps pour que l’attention de l’adulte soit centrée sur l’enfant et que l’environnement n’accapare pas celle de l’enfant. Les conditions matérielles doivent être réunies pour que l’adulte reste disponible tout au long du repas. Choisir un lieu calme et convivial, se donner du temps, réunir toutes les composantes du repas et se doter du matériel approprié sont autant d’atouts pour créer les conditions d’un échange détendu et riche.

 

Le repas, temps d’expérimentation avant tout !

Comme le bébé découvre le monde et les objets qui l’entourent en mobilisant tous ses sens en les portant à sa bouche, en les manipulant, en les écoutant tomber ou tinter contre d’autres objets, il a besoin d’expérimenter par le toucher les aliments qu’on lui propose. C’est ce qui lui permet d’appréhender la texture, la consistance, le volume,… Une étape indispensable à la représentation mentale qu’il se fait des choses. En effet, comment réussir à attraper avec une cuillère ou une fourchette quelque chose dont on ne connaît pas la réalité physique ? La découverte prime alors sur les bonnes manières !

©Babilou

 

Accompagner l’enfant dans prise d’autonomie

Il arrive un moment où l’enfant exprime l’envie d’imiter l’adulte ou les enfants plus grands qui l’entourent. Il va alors s’intéresser à la cuillère et réclamer de « faire seul ». L’adulte doit avoir confiance en la capacité de l’enfant à faire et accompagner ce désir en lui donnant les moyens d’acquérir cette autonomie. On propose régulièrement en crèche une seconde cuillère : l’enfant est libre de faire ses propres tentatives, l’adulte garantit que les aliments arrivent jusqu’à la bouche !

 

L’acquisition de l’habilité à utiliser une cuillère avec succès requiert du temps. C’est une tâche bien plus complexe qu’il n’y paraît ! Remplir la cuillère, la diriger vers sa bouche sans en renverser le contenu et mettre la nourriture dans sa bouche requièrent une grande maîtrise ! Lors des premiers essais, la cuillère arrive presque vide et les dégâts peuvent être nombreux.  L’utilisation de la cuillère demande de l’entraînement mais peu à peu l’enfant améliore sa coordination œil-main pour une maîtrise « complète » à la fin de sa deuxième année.

 

Diversifier l’alimentation, une question de … répétition

Afin de développer la palette gustative de l’enfant, il est important de lui proposer, avant 3 ans, le maximum d’aliments différents et de savoir insister ! Pour le familiariser avec les aliments nouveaux, il est normal de devoir proposer plusieurs fois et de manière régulière (8 à 10 fois selon les chercheurs !) le même aliment avant que l’enfant ne l’accepte sans réticence.

 

Les quantités

« A partir du moment où les horaires des repas sont adéquats et contrôlés par les adultes, que le contenu alimentaire est adapté, on peut laisser l’enfant gérer les quantités qu’il consomme … » [1]

 

 

En effet, si l’adulte ne brouille pas les signaux internes de l’enfant par des exigences telles que « finis ce qu’il y a dans ton assiette » ou encore « prends en d’avantage», l’enfant adapte son alimentation à ses besoins du moment. Le rôle de l’adulte est de donner le cadre : horaires, qualité et variété des repas. 

 

Un adulte bienveillant, qui encourage et valorise l’enfant dans ses acquisitions motrices et sensorielles, le laisse être acteur dans la prise du repas contribue ainsi à faire de ce temps une activité à part entière déterminante pour les comportements de l’âge adulte.

 

 

©Babilou


 

[1] Journal des Professionnels de la Petite Enfance, Nov-Déc 2011 - Sophie Nicklaus, Chargée de recherche INRA.

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