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Frères et sœurs, chacun sa place !

17/04/2015


Aîné, cadet ou benjamin, comment l’enfant fait-il sa place au sein de la famille ? Cette place dans la fratrie influence-t-elle notre capacité à avancer dans la vie ?

 

Le rang de naissance influe-t-il sur notre personnalité ?

 

Il est difficile de mesurer le poids des multiples facteurs tels que le nombre de frères et sœurs, leur différence d'âge, leur tempérament, le rapport avec le reste de la famille,... sur le développement de la personnalité. Néanmoins, des études récentes[1] mettent en évidence certaines tendances, déduites de la position dans la fratrie :

 

  • L’aîné

Il est le seul à avoir eu l’expérience de « l’unique ». Ses cadets sont des intrus qui ont bouleversé sa vie et avec qui il doit partager. Souvent substitut parental, il est sérieux, appliqué et serviable. Mais s’’il est installé trop tôt en position de « gardien » de ses frères et sœurs, l’aîné risque de se couper prématurément de son enfance et de se croire plus responsable qu’il ne l’est – un leurre qui, justement, lui interdira de mûrir à son rythme et de poser ses propres désirs.

 

  • Le cadet

Le cadet est toujours un intrus : il pénètre dans la vie de l’aîné et bouleverse les rapports avec les parents. A la fois le grand (vis à vis du benjamin) et le petit (vis à vis de l'aîné), cet "enfant-sandwich" se plaint souvent de difficultés à trouver sa place. Il ne peut s’empêcher de penser que son aîné a eu plus de chance : en ayant le droit de se coucher plus tard ou de sortir avec ses amis. Sa position dans la fratrie est menacée par l’arrivée d’un ou plusieurs enfants. Cette situation inconfortable le préparerait pourtant à devenir un adulte conciliant et doté d’une grande capacité d’adaptation.

 

  • Le benjamin / dernier-né

Il peut aussi bien être le second que le cinquième ! Si l’aîné a dû se battre (pour l’argent de poche, les sorties du soir par exemple), pour lui, la voie est libre. Les plus grands l’envient mais sont généralement présents pour le soutenir ou le consoler. Affirmer sa personnalité semble plus facile pour lui, même si la position de "petit dernier" lui procure parfois un sentiment d'infériorité. Il présente souvent une attitude plus rebelle et un esprit plus ouvert aux nouvelles expériences. Car pour forger sa propre personnalité, il cherchera sans cesse à se démarquer de ses aînés !

 

Comment prendre sa place ?

 

Les parents voudraient donner la même chose à tous. Une tâche ardue car l’appétit n’est pas le même pour tous et… les goûts non plus !

 

La rivalité au sein des fratries n’est ainsi pas nécessairement lié aux parents. Les familles de deux enfants sont celles où les comparaisons sont les plus fréquentes, d’autant plus quand les enfants ont le même sexe. La jalousie est un sentiment réactionnel normal, sain. Elle offre une opportunité de se dépasser, de progresser et se construire. La nier ou vouloir absolument la faire disparaître est le meilleur moyen de l’exacerber.

 

La famille dans laquelle évolue un enfant est un modèle important qui influence ses choix, ses intérêts, ses croyances,… Aussi, les relations fraternelles jouent-elles un rôle notable dans son développement. Les frères et sœurs sont des repères d'identification, des alliés, des individus détenant de l'autorité, des soutiens, mais peuvent également être des concurrents...


Chaque enfant va développer sa propre stratégie pour trouver sa place et prendre sa part de l’attention de ses parents. Il n’existe pas de voie unique dans ce domaine et les ressources des enfants sont immenses. Par exemple, pour se différencier d'un frère aîné plutôt sage et intellectuel, l'enfant pourra soit tenter de surpasser son frère dans ce domaine, soit s'intéresser davantage à des activités manuelles ou prendre le rôle de « fêtard » !

 

Un destin tout tracé ?

 

Les relations au sein de la fratrie sont un premier apprentissage de la vie sociale, des rapports avec ses pairs. Arriver dans le nid familial en première, deuxième ou dernière position n’est pas anodin. Et pourtant, aucune place n’est plus propice qu’une autre pour la construction de soi. Chacune oblige à faire face à des difficultés spécifiques et les enfants savent toujours s’échapper des profils types et nous étonner. N’oublions jamais qu’ils sont…uniques !


[1] Marc Sznajder, Les aînés et les cadets (édition Odile Jacob).

Pédiatre à Paris. Praticien, attaché à l'hôpital Ambroise-Paré de Boulogne, il est membre de la Société française de pédiatrie.

 

©Babilou

 

 

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