paroles de professionnels

Comment accompagner le jeune enfant dans son jeu ?

15/11/2016


Bouger, imiter, construire, déconstruire… le tout petit joue en permanence, selon son âge et ses besoins du moment. Comment l’accompagner dans son jeu ?

 

Les jeux moteurs, chacun son rythme et selon ses besoins

 

Mettre son corps en mouvement, appréhender l’espace, escalader… sont autant d’expérimentations importantes pour le développement de l’enfant : découverte de son corps, de ses capacités et de ses limites… Il convient de le laisser les vivre à leur rythme, sans chercher à interférer, en autorisant la prise de risque : l’enfant dont le mouvement n’est ni bridé ni trop poussé ne se met naturellement pas en danger.

 

Le laisser aller à son rythme, c’est aussi ne pas guider l’enfant mais le laisser faire ses découvertes et ses erreurs. A cette étape de son développement, le plus intéressant n’est pas le résultat atteint par l’enfant, mais le chemin qu’il prend pour y parvenir. Les efforts accomplis pour atteindre le sommet du tobbogan sont à valoriser autant – si ce n’est plus – que la réussite de son action ! Présent et bienveillant, l’adulte partage avec l’enfant la joie du jeu.

 

Les jeux de course ou de cache-cache sollicitent plus activement le parent : quel meilleur « loup » que maman ou papa ? Là encore, il convient de s’adapter à l’univers de l’enfant et respecter ses rythmes : veut-il ou non être attrapé / trouvé ?

 

Imiter pour grandir

 

Les jeux d’imitation font leur apparition très tôt dans le développement du jeune enfant. En grandissant, les scénarios deviennent plus élaborés et incluent différents protagonistes : poupons, peluches… et parents ! Une fois encore, il est important d’être disponible et à l’écoute du jeu de l’enfant. S’il joue très bien tout seul, il n’est pas nécessaire de chercher à participer ; mieux vaut attendre une sollicitation. Une fois dans le jeu, le parent suivra le scénario de l’enfant, qui lui permet de mettre en scène ses ressentis et son vécu quotidien – en ayant cette fois le contrôle de la situation ! Il pourra ainsi rejouer encore et encore une même scène. Prendre la main sur le scénario ou son évolution pourrait le désintéresser du jeu ou ‘empêcher de projeter pour mieux les comprendre ses émotions.

 

Construire, détruire… re-construire

 

Les jeux de construction sont souvent un grand moment de frustration pour les papas qui se rêvent architectes ! Car en fait de tours immenses ou de fermes à plusieurs étages, les enfants sont souvent plus intéressés par la destruction, accompagnée de grands éclats de rire, de la structure patiemment construite ! Ce sont les deux versants d’un même apprentissage. Accompagner l’enfant dans la construction –  en faisant attention de ne pas précéder les idées de l’enfant et de laisser la place à son projet –  est une bonne manière de prendre part au jeu.

 

De la même manière, on peut être tenté sur les jeux de manipulation (pâte à modeler, sable mouillé, semoule…) à entraîner l’enfant vers le façonnage de personnages ou de formes. Or, ce n’est pas ce qui se joue à ce stade. Il est dans la découverte de la matière, de sa sensation, de la manière dont elle se divise et se transvase.

 

Rejoindre l’enfant dans son jeu, en résumé, c’est se mettre à son rythme et rester à son écoute. Intervenir en cas de sollicitation, accompagner l’enfant dans ce qui l’intéresse – sans brûler les étapes.  Le temps des constructions de châteaux de sable et des jeux de rôles viendra plus tard !

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